Blessures émotionnelles : accepter moins que tu mérites
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La cicatrice ne saigne plus
Mais tu continues à vivre comme si elle était ouverte et, parfois, tu fais encore des choix en-dessous de ce que tu vaux.
Il y a des blessures qui ne font plus mal.
Plus vraiment.
Elles ne brûlent plus à vif.
Elles ne réveillent plus en pleine nuit.
Elles ne serrent plus la gorge comme avant.
Et pourtant…
Tu continues à parler doucement.
À t’excuser d’exister.
À minimiser ce que tu ressens.
À contenir ta joie.
À surveiller tes élans.
Comme si quelque chose pouvait encore se rouvrir. Comme si le monde attendait la moindre faille.
La cicatrice ne saigne plus. Mais tu marches encore en boitant.
I. L’ancienne blessure
Ce qui peut sembler étrange, c’est que tu n’es plus en danger. Le contexte a changé, les personnes ont changé.
Tu as changé.
Mais ton corps et ton cœur, eux, se souviennent.
Ils ont appris à se protéger.
À anticiper.
À éviter les éclats.
À rentrer les ailes.
Et ils le font encore, par loyauté.
Oui. Par loyauté.
II. La loyauté invisible
Loyauté envers celle/celui que tu as été.
Envers la version de toi qui a dû encaisser. Qui a dû se faire petite. Qui a dû comprendre trop tôt.
Comme si avancer librement aujourd’hui revenait à l’abandonner.
Comme si vivre sans peur signifiait nier ce qu’elle a traversé.
Alors tu restes prudent·e. Modeste. Mesuré·e. Même quand tu pourrais respirer plus large.
Mais guérir ne veut pas dire oublier.
Pardonner ne veut pas dire excuser.
Et t’autoriser à être pleinement vivant·e ne trahit pas ton passé.
Ta blessure émotionnelle fait partie de ton histoire.
Elle t’a sculpté·e.
Elle t’a appris des choses que d’autres ne sauront jamais.
Mais elle n’a plus besoin de tenir les rênes.
Tu peux honorer ce que tu as vécu sans continuer à vivre comme si c’était encore en train d’arriver.
Tu peux remercier la vigilance
mais choisir la liberté.
III. Quand tu choisis en-dessous de ce que tu vaux
Et puis il y a autre chose.
Plus discret.
Plus insidieux.
Ce n’est pas seulement la manière dont tu te tiens. C’est la manière dont tu choisis.
Les relations que tu acceptes. Les opportunités que tu déclines avant même d'essayer. Les rêves que tu réduis pour qu’ils paraissent raisonnables. Les postes que tu prends “en attendant mieux”. Les environnements qui t’éteignent mais que tu qualifies de “corrects”.
Comme si, quelque part, la blessure émotionnelle avait glissé une phrase dans ton inconscient :
“Ne demande pas trop.”
“Ne vise pas si haut.”
“Ne prends pas trop de place.”
“Ne crois pas que c’est pour toi.”
Et à force de répétition, cela devient vérité.
On finit par se sous-estimer.
On finit par faire des choix en-dessous de ce que l’on vaut.
Non pas par manque de capacité.
Mais par fidélité à une ancienne image de soi.
Comme si mériter plus était une prétention.
Comme si la grandeur était dangereuse.
Comme si recevoir pleinement pouvait rouvrir quelque chose.
Alors on choisit petit.
On choisit sûr.
On choisit à moitié.
Et l’on appelle cela sagesse.
Mais ce n’est pas de la sagesse.
C’est une vieille peur déguisée en prudence.
Le problème, ce n’est pas ton talent.
Le problème, c’est l’estime de soi quand elle a été façonnée dans l’ombre, sous le poids d’un passé qui a laissé des traces.
Et tant que cette blessure émotionnelle reste aux commandes, tu finis par accepter moins que ce que tu mérites, pas parce que tu le veux, mais parce que tu crois que tu dois rester “raisonnable”.
IV. Le moment de bascule
Et puis il y a un moment subtil, presque imperceptible, où l’on comprend que l’on ne se protège plus d’un danger réel, mais d’un souvenir.
Et ce jour-là, quelque chose bascule.
On cesse de s’excuser d’être intense.
On cesse de se restreindre pour rassurer.
On cesse de boiter pour rester fidèle à la douleur.
On marche droit.
Même si, parfois, le corps hésite encore.
Même si certaines peurs remontent comme des échos anciens.
On marche droit quand même.
V. Reprendre les rênes
Tes blessures expliquent ton histoire.
Elles ne définissent pas ton identité.
Elles ne décident pas de la portée de ta voix.
Ni de l’espace que tu peux occuper.
Ni de la lumière que tu es autorisé·e à porter.
La cicatrice ne saigne plus.
Alors cesse de lui confier la direction de ta vie.
Tu n’as rien à réparer.
Tu as juste à te souvenir
que tu sais marcher
sans boiter.
🕊 Mantra
Je ne marche plus en boitant autour du passé.
Je marche vers ce que je mérite.
Et peut-être que ce souvenir est exactement cela :
Comprendre que tu n’es pas né·e pour survivre à tes blessures.
Tu es né·e pour les traverser, tu es né·e pour les transcender.
Tu n’es pas fait·e pour rester proportionnel·le à ce qui t’a blessé·e.
Tu es fait·e pour devenir plus vaste que cela.
Il y a en toi quelque chose qui ne s’est jamais effondré.
Quelque chose qui, même quand tu boitais, regardait déjà l’horizon.
Cette part-là n’a jamais douté de ta valeur.
Elle attend simplement que tu la laisses choisir.
Choisir plus grand.
Choisir plus juste.
Choisir plus aligné.
Non par orgueil.
Mais par reconnaissance.
La cicatrice fait partie du voyage.
Elle n’est pas le paysage.
Et si aujourd’hui tu te tiens encore en retrait, si tu continues à accepter moins que ce que tu mérites, souviens-toi :
Tu n’as pas été façonné·e pour ramper autour de tes anciennes peurs.
Tu as été façonné·e pour déployer tes ailes.
Et les ailes ne demandent pas la permission.
🌿 Petit rituel (note douce)
Ce soir, prends une feuille.
Pas pour écrire ton passé. Il est déjà là.
Écris une seule question :
“Où est-ce que j’accepte moins que ce que je vaux ?”
Puis écris ceci, en dessous :
“Si je ne me définissais plus par ma blessure émotionnelle, que choisirais-je ?”
Plie la feuille en deux.
Pose-la sous une bougie allumée (ou sous ta main).
Pas pour demander. Juste pour marquer un point intérieur.
Dis à voix basse :
“Je ne renie pas ce que j’ai vécu. Mais je ne lui confie plus ma direction.”
Demain, fais un seul choix, même minuscule, qui soit un millimètre au-dessus de l’ancienne version de toi.
Un refus assumé. Une limite posée. Une demande formulée.
C’est aussi ça, la guérison émotionnelle :
des gestes simples, répétés, qui réapprennent au cœur sa juste place. Je te souhaite de trouver la tienne.