Ce qui dort dans nos profondeurs
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AVERTISSEMENT : Ce texte n'est pas un de ceux qui se lisent d’un trait, mais qui se respirent.
Il a cette force tranquille de l’authenticité : ici, je ne cherche pas à convaincre, j' ouvre simplement une porte et ceux qui ont déjà connu cette profondeur savent immédiatement qu’ils sont chez eux. J'ai recherché un équilibre entre l’intuition et la rigueur, la douceur et la quête, la mémoire et l’histoire. J'espère que je serai assez compréhensible car il m'est parfois difficile d'expliquer de façon claire les choses telles que je les perçois...
Bonne lecture...
Quand le Lac Sombre se souvient
Il y a des rencontres qui ne commencent pas, elles « reprennent » . Des âmes qui ne s’apprennent pas, mais qui se reconnaissent.
⚜️ Préambule
Ce texte ne s’adresse pas à la raison, mais à la mémoire. Si tu ne crois qu’en ce que tu peux mesurer, passe ton chemin. Ici, nous explorerons les territoires enfouis de la conscience, ceux dont Jung disait qu’ils formaient les profondeurs de l’inconscient collectif, et dont Platon affirmait qu’ils conservaient la réminiscence des vérités oubliées. Ici, nous parlerons du Lac Sombre, ce concept que j'associe à un lieu intérieur, telle une image archetypale de la descente initiatique, lié ici à ma théorie sur le Slow Living Existentiel, là où la mémoire, le rêve et l’âme se rencontrent pour dire ce que les mots n’ont jamais su formuler.
Commençons la traversée...
Hier soir, avant de m'endormir, le cœur habité par des émotions que je croyais éteintes, j’ai demandé à comprendre pourquoi certains schémas semblaient se répéter, pourquoi certaines rencontres éveillent quelque chose d’ancien, d’invisible, de passé ? Pourquoi est-ce parfois si douloureux ?
Il y a ces liens qui échappent au temps, comme si l’on reconnaissait une âme avant même d’en connaître le nom, homme ou femme, peu importe. Il y a ces histoires qui ne sont pas vraiment des histoires, ces regards qui bouleversent sans prévenir et dont on sent qu’ils viennent d’ailleurs.
J’ai donc fermé les yeux, épuisée, le cœur empli de questions et de ce besoin presque viscéral de comprendre ce que la raison seule ne peut saisir (vous l'aurez peut-être remarqué, j'aime comprendre 😅). Ainsi, en fin de nuit... la réponse est venue (demandez et vous obtiendrez nous a-t-on enseigné, et bien sachez que parfois... c'est vrai) . Cette visualisation était si réelle que j’en sentais le vent, la poussière, la mer. La Sicile. Une maison sur la côte, sombre et simple. L'obscurité. L'eau qui s’enflamme. Des cris, des mains qu’on arrache, un regard, la foule, la peur, la poussière qui s’élève, les cendres, le silence. La mort des corps. Mais pas celle des âmes.
Le Lac Sombre et les profondeurs de l’âme
En ouvrant les yeux, je savais. Ce n’était pas « un rêve », mais un passage. Une plongée dans le Lac Sombre, cet espace intérieur où les âmes se souviennent. Carl Jung aurait parlé ici d’une incursion dans l’inconscient collectif, cette dimension où se mêlent les archétypes et les mémoires de l’humanité. Platon, bien avant lui, évoquait déjà l’Anamnèse, ce processus par lequel l’âme se rappelle des vérités qu’elle connaissait avant d’habiter un corps. C’est dans cette même zone indéfinie que je me suis trouvée : un lieu entre deux mondes, où la mémoire devient vision et la vision devient révélation. Ce lieu de toutes les vérités, de toutes les réponses. (Je vous encourage à lire Platon et Jung à ce sujet afin de mieux saisir le concept.)
Pour ma part, je connais bien cet état et mes consultants également : ce n’est ni un état de sommeil ni d’éveil, mais un entre-deux où le mental relâche son emprise et où les portes de la réceptivité s’ouvrent toutes grandes. Là, dans cette suspension du bruit, les vérités profondes s’invitent. Parfois sous forme d’images, parfois de sons, de voix, de phrases. Elles ne viennent pas d'ailleurs, elles émergent du « dedans », du lieu où se mêlent la mémoire, le symbolique et le Sacré.
Dans mon esprit, j'appelle donc cet endroit le Lac Sombre car je suis plutôt « visuelle » (1). Lorsque je réalisais mes soins énergétiques, avec mes consultants, nous accédions souvent à leurs vies antérieures lors des séances. Cela était toujours surprenant, même pour moi, de me retrouver propulsée ainsi dans le passé, dans la vie des « autres ». Aussi, j'enseignais à certains, qui s'y intéressaient, comment écouter leurs propres messages intérieurs, je leur expliquais comment accéder à cet état de conscience modifiée. Pour moi, ce lieu est représenté par une étendue d'eau calme en apparence et dense à la fois, miroir et profondeur sombre. Il y a des "choses" dedans. Des choses que l'on préférerait parfois ne pas connaître mais il y a aussi le reste, les réponses, l'Histoire, les Autres. On y accède par la persévérance, l'érudition et la réflexion. Il faut laisser sa peur et ses à prioris derrière soi. Alors, lorsque l'on y touche, quelque chose « parle », pas forcément avec des mots, mais avec une vibration que le cœur comprend avant l’esprit. C’est là que je reçois mes réponses, celles qui ne passent ni par le prisme de la logique ni par celui de la peur.
Entre révélation et recherche
Ainsi, quand je remonte du Lac Sombre, il m’arrive souvent d’avoir besoin de vérifier. Pas parce que je doute de ce que j’ai vu ou entendu, mais parce que j’ai besoin d’ancrer mes perceptions dans le monde concret. Je suis de celles qui cherchent les ponts entre l’invisible et le tangible. Alors, après cette vision, j’ai voulu comprendre si ce que j’avais perçu, cette maison, cette mer, cette fuite, cette douleur, pouvait avoir existé quelque part dans l’histoire.
C’est ainsi que j’ai commencé mes recherches, comme on suit le fil d’un souvenir. Chaque détail retrouvé, chaque trace historique semblait murmurer un « oui ». Les villages détruits, les razzias, les toits de chaume, les côtes battues par le vent, la violence… Tout cela existait bien, exactement comme je l’avais vu. Il y a très longtemps, avant l'an 1000. Il y avait donc là une résonance troublante entre la mémoire intérieure et la mémoire des pierres.
Au détour de mes recherches, j’ai fait le lien avec un lieu qui porte le même nom que celui qui marque aujourd’hui ma lignée. Les lieux pourraient correspondre avec ce que j'ai vu, mais aussi, l'histoire de ce lieu est directement liée à la scène que j'ai « re-vécue ». Ainsi, ce nom que je porte, a le même son, la même vibration, comme un rappel discret glissé à travers les siècles. J’ai ressenti alors une paix étrange, comme si la terre elle-même validait la mémoire que j’avais traversée. Je me suis donc levée ce matin plus légère, plus apaisée. J'avais envie de le partager avec vous, parce que je sais que certains d'entre vous vivent également ces réminiscences, ces plongées dans le Lac Sombre, sans forcément en comprendre le sens. Certains diront que c’est une coïncidence. Peut-être... Moi, j’y ai vu un signe d’unité : ce qui se vit en dedans trouve toujours un écho dehors, pour peu que l'on ose chercher. Comme cette citation attribuée à un personnage mythique, Hermès Trismégiste dans la tradition hermétique: « Ce qui est en bas est comme ce qui en haut et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ». (2)
Ainsi, jusque là, je savais qu'un village sicilien portait le même nom que moi mais je ne m'étais jamais vraiment intéressée à son histoire, et encore moins n'étais-je remontais si loin, jusqu'en 900 et quelques...
Je ne cherche pas ici à affirmer quoi que ce soit, seulement à comprendre et peut-être vous donner des clefs si cela vous intéresse également. Je suis assez ouverte d'esprit concernant les questions spirituelles, mais j'ai ce besoin de valider par les faits. J'encourageais de même mes consultants à faire des recherches sur ce que nous avions perçu lors des soins. Peut-être alors que je n'ai pas la Foi, puisque cette dernière consisterait pour certains à croire sans recherche de preuves, or moi, j'ai besoin de faire des recherches, de corroborer, de faire des liens... Je crois en effet que certaines vérités ont besoin d’être touchées par les deux mondes : celui de l’esprit et celui de la matière. L’un éclaire l’autre. Et c’est dans cet équilibre, entre l’intuition et la raison, entre la réceptivité et la recherche, que je trouve ma paix. Car ce que je crois profondément c'est que la foi sans ancrage devient illusion, et la raison sans mystère se dessèche. J’avance donc entre les deux, comme une funambule (tiens donc 😏) sur le fil du réel et de l’invisible.
Ce vécu que je vous partage ici n’est qu’un reflet parmi d’autres de ce que nous portons tous : la mémoire des liens, des amours, des pertes et des renaissances. Dans cette vision, le Lac Sombre m’a montré ce que mon cœur avait revécu en croisant un certain regard : celui que mon âme a reconnu.
Ce n’était pas une coïncidence, mais une mémoire. Une empreinte d’amour et de perte, toujours vivante quelque part entre les vies.
J'ai souvent expliqué à la boutique et ailleurs, que les schémas qui se répètent viennent souvent de blessures non guéries. C’est vrai. Mais parfois, ce sont des blessures d’avant la naissance, des histoires que la chair ne se rappelle pas mais que le cœur, lui, n’a jamais oubliées. Alors, quand la vie rejoue la même partition, ce n’est pas nécessairement pour nous punir, c’est pour nous offrir la possibilité de comprendre ce qui n’avait jamais été compris.
Dans le Lac Sombre du Slow Living Existentiel (un jour, je vous publierai le fruit de mes recherches à ce sujet, entre gnosticisme et philosophie, promis), il n’y a pas de bien ni de mal, pas de faute ni de hasard. Il y a la lenteur du sens, la patience du cycle. Les âmes reviennent, se cherchent, se testent, s’aiment encore, différemment. Parfois elles se reconnaissent trop tôt, parfois trop tard. Mais chaque rencontre a un but : guérir un morceau d’histoire ancienne.
Et moi, j’ai compris que ce n’était pas à l’autre de réparer, ni à moi de revivre. C’était à nous de se souvenir sans se perdre. D’aimer sans tenter de rejouer ce qui appartient déjà à la mer. Parce que, dans cette reconnaissance, il y a un passage : celui de la mémoire à la paix. Mais...
Quand les âmes choisissent de se retrouver
On parle souvent des amours d’âmes comme de flammes qui consument et disparaissent. Mais parfois, elles ne reviennent pas pour détruire, elles reviennent pour achever ce qu’elles avaient commencé. Pour se reconnaître enfin dans la lumière plutôt que dans le manque.
Oui, il existe des amours inachevées, des histoires interrompues trop tôt, des promesses ou des serments d'amitié brisés par le temps. Alors, quand ces âmes se croisent à nouveau, l’élan est violent parce que la mémoire se réveille. C’est la chair qui se souvient, c’est le cœur qui réclame ce qu’il n’a pas eu le temps d’aimer jusqu’au bout.
Alors peut-être que rien n’empêche de terminer l’amour, l'amitié, pas au sens de le « refaire » , mais de le compléter. Si les deux âmes le souhaitent, si leurs chemins s’ouvrent au même moment, alors oui, elles peuvent s’aimer à nouveau. Différemment, plus lentement, avec la conscience de ce qu’elles ont traversé. Il n’y a pas de malédiction, seulement des rendez-vous à honorer.
Et si la vie ne permet pas de vivre cet amour ou cette amitié dans la matière, il reste peut-être la possibilité de le finir en paix : en se disant enfin tout ce qui n’avait jamais pu être dit. En posant, sur les ruines anciennes, un mot d’amour au lieu d’un silence.
Car terminer une relation, ce n’est pas toujours lui dire adieu. C’est parfois lui dire : “Je t’ai retrouvée. Et cette fois, je ne veux plus te perdre.”
💛 Il me semble important à la relecture de cet article d'ajouter ceci:
Comme nos existences ne sont pas uniques, elles se déploient comme les pages d’un même livre qu’on ouvrirait à différents chapitres. Nous avons aimé, perdu, espéré et recommencé tant de fois… Nos vies ont été riches et nombreuses, tissées de visages, de saisons et de promesses. C’est pourquoi certaines rencontres résonnent si fort : elles portent l’écho de tous les serments d’autrefois. Nous croisons les mêmes âmes sous d’autres noms, avec d’autres visages, et chaque fois nous apprenons un peu mieux à aimer, un peu mieux à comprendre. Il n’y a pas de hasard, seulement la continuité du cœur à travers les âges.