Résolutions de nouvelle année ?

Résolutions de nouvelle année ?


Et si, cette année, on ne prenait aucune résolution ?

Une autre manière d’entrer dans janvier : sans s’effacer, sans se “réparer”, en continuant, doucement.

Chaque début d’année arrive avec son cortège d’injonctions.
Être meilleur. Plus discipliné. Plus aligné. Plus mince, plus productif, plus serein.
Comme si, au passage d’une date sur un calendrier, nous devions soudain réparer ce qui, en nous, dérange.

Mais si l’on s’arrêtait un instant…
Juste assez longtemps pour écouter ce qui pèse vraiment.

Car ce qui fatigue le plus, ce ne sont pas nos manques.
Ce sont les luttes silencieuses que nous menons pour paraître en ordre, alors que quelque chose, à l’intérieur, réclame simplement d’être reconnu.

Ce n’est pas une page blanche

On parle souvent de la nouvelle année comme d’une page blanche.
Alors, au passage de minuit, tout doit disparaître : les fatigues, les erreurs, les doutes, les versions anciennes de nous-mêmes.

Mais la vie ne fonctionne pas ainsi.
Elle ne gomme pas.
Elle compose avec ce qui a été traversé.

Une nouvelle année n’est pas une page blanche.
Elle signifie page déjà écrite, avec ses ratures, ses silences, ses phrases inachevées.
Et tu as le droit de continuer l’histoire sans effacer ce qui t’a façonné.

Il y a quelque chose de profondément apaisant dans cette idée.
Elle enlève l’obligation de recommencer.
Elle autorise la continuité.

Elle reconnaît que nous arrivons toujours quelque part chargés : de vécu, de mémoire, de contradictions.
Le slow living existentiel ne cherche pas à réparer l’humain.
Il reconnaît qu’il est déjà en chemin.

Les ratures sont des traces

Cette année encore, tu as traversé des journées lourdes.
Des ruptures, visibles ou intérieures.
Des échecs qui ont laissé une trace.
Des moments de honte, de doute, de repli.
Des deuils, parfois discrets, parfois immenses.

Et pourtant, tu es là.
Pas indemne.
Pas triomphant.
Mais présent.

On oublie souvent de le dire : survivre à une année difficile, ce n’est pas rien.
Ce n’est pas un détail.
Ce n’est pas une étape honteuse à dépasser vite pour passer à la suite.

C’est une preuve de solidité silencieuse.
Une solidité qui ne fait pas de bruit, qui ne se voit pas toujours, mais qui tient.

Les ratures de ta vie ne sont pas des erreurs à corriger.
Elles sont des traces.
Des endroits où tu as insisté, résisté, tenté autre chose.
Des preuves de mouvement.

Et puis il y a ces silences.
Ces années où rien de spectaculaire ne s’est produit.
Où tu as juste survécu.
Avancé doucement.
Respiré comme tu pouvais.

Ces silences aussi font partie du texte.
Ils ne sont pas vides.
Ils sont pleins de ce qui s’est consolidé à l’intérieur.

Une intention au lieu d’une résolution

La nouvelle année ne te demande pas d’être plus fort, plus courageux, plus performant.
Elle ne te demande pas de te dépasser.
Elle t’invite simplement à te faire un peu plus confiance.

Confiance dans ce que tu as déjà traversé.
Confiance en cette solidité que tu sous-estimes peut-être encore.
Confiance dans ta capacité à continuer, même lentement, même imparfaitement.

Tu n’as rien à effacer pour avancer.
Tu peux écrire la suite avec ce que tu es devenu.
Avec ce que tu as appris dans l’ombre.
Avec ce que tu as porté en silence.

La page suivante est là.
Elle n’est pas vierge.
Elle est vivante.
Elle est habitée par ta lumière.

La nouvelle année ne te demande pas de devenir quelqu’un d’autre.
Elle te propose, tout au plus, de continuer autrement :
avec un peu plus de douceur,
un peu moins de violence envers toi-même.

Peut-être que la seule intention valable n’est pas une résolution,
mais une permission :
celle de ne plus effacer ce qui t’a construit pour paraître plus acceptable.

Tu n’as pas à réécrire ton passé pour mériter un avenir.
Tu peux écrire la suite avec lui.
À ton rythme.
Avec tes hésitations.
Avec ta lucidité nouvelle.

🌿 Rituel de passage Continuer sans effacer

Choisis un moment calme. Pas forcément long. Quelques minutes suffisent.
Prends une feuille, ou ouvre un carnet.
Pas pour écrire une liste de résolutions, mais pour honorer la page déjà écrite.

  • Écris, sans trop réfléchir : Cette année, j’ai survécu à…
  • Laisse venir des mots simples, même inachevés.
  • Puis écris : Ce que cela m’a appris, même discrètement…
  • Enfin, termine par : Pour la suite, je me donne la permission de…
    (pas une obligation, une permission : ralentir, ne plus forcer, respirer.)

Quand tu as terminé, ne relis pas tout de suite.
Pose la feuille, plie-la, ou ferme le carnet.
Allume une bougie si tu en as une, ou reste simplement quelques instants en silence.

Ce rituel n’a pas pour but de changer ta vie.
Il a pour but de te reconnaître.
Tu n’entres pas dans une année neuve.
Tu entres dans une année habitée.
Et c’est déjà beaucoup.

Vicky, funambule entre l’ombre et la lumière

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6 commentaires

Merci pour ces mots si justes Sandrine.
Il m’ont touchée par la manière douce et lucide dont tu parles de ta vision des choses.
Ce que tu décris, continuer son chemin, accueillir ce qui se présente, rester debout quand c’est plus brutal, c’est exactement cela. Cette façon de faire au mieux quand la vie bouscule, je la trouve profondément humaine… et très courageuse.
Rien à prouver, juste avancer à la hauteur de ce que l’on peut, avec dignité, avec nos forces et nos fragilités.
Je te souhaite une année qui ressemble à cela: attentive, souple, fidèle à toi-même.
Merci d’être passée déposer ton regard ici, il m’est toujours aussi précieux. ☀️✨

Réponse de Vicky

Coucou Vicky ✨️,
Je viens de prendre connaissance de ton écrit si bien mené une nouvelle fois. Jamais, je ne prends de nouvelle résolution. Je continue mon chemin 🙂. Si une opportunité se présente, je m’y intéresse et je vois. Si des événements arrivent de façon brutale, eh bien j’essaie de trouver au mieux des solutions pour tenter de les vivre les plus dignement possibles même si des fois … Nul n’est parfait et on fait au mieux… je sais aussi que tu braves au mieux de ton côté, que l’année 2025 a été une année bien agitée pour toi mais tu as poursuivi ton chemin avec tes armes
Continuons toutes et tous notre chemin à la hauteur de nos capacités. C’est l’essentiel 🙂

Sandrine

Merci Florence… vraiment.
Ton message m’a profondément émue, parce qu’il met des mots sur quelque chose que je ne vois pas toujours moi-même. J’écris souvent sans savoir où cela va tomber, ni qui cela va toucher. Je doute encore, parfois, de la portée de ce que je partage.
Si mes textes te parlent, ce n’est pas parce que je te connais, mais parce que nous traversons, chacun à notre manière, les mêmes zones d’ombre et de lumière.
Nos mots, nos silences, nos vécus, se répondent. Vous êtes, chacune et chacun, mes muses sans le savoir, celles et ceux qui me donnent envie de continuer à écrire depuis l’ombre et la lumière, depuis le vrai, depuis le vécu fragile.
Lire que cela peut accompagner, éclairer, ou simplement faire écho, est précieux pour moi. Cela me rappelle pourquoi j’écris, même les jours où je n’y crois pas trop.
Merci pour ta confiance Florence et pour cette présence si importante à mes yeux. 🤍

Réponse de Vicky

Depuis que je te connais, (et cela ne fait pas longtemps), tu sais sans même me connaître mettre des mots sur ce qui me touchent personnellement à travers les textes que tu écris pour ceux qui te suivent, c’est dingue.
Des fois en te lisant, je me suis dis " mais putain, comment elle fait pour me connaître si bien, alors que on se connaît depuis très peu de temps "…
Et puis ,je me dis " c’est parce que c’est Vicky tout simplement entre ombre et lumière. Elle sait,c’est tout."
Cette nouvelle année, va être une continuité mais,en améliorant les choses si je peux.
Et,je vais suivre tes conseils précieux, car toi,tu es un exemple à suivre pour moi.
Merci funambule de l’ombre et lumière. ❤️

Florence Allemandou

Merci à toi pour ces mots Manuella, vraiment.
Ils me touchent d’autant plus que je connais si bien ces matins où rester au lit semble être la seule manière possible de tenir le monde à distance, la seule manière de rester en vie. Ceux où se lever demande un courage silencieux, presque invisible, mais qui coûte tellement.
Savoir que ces mots t’accompagnent, qu’ils résonnent différemment selon les jours, qu’ils peuvent parfois bousculer et parfois simplement apaiser… c’est précieux pour moi.
Si ces écrits peuvent être un endroit où l’on se pose, où l’on se reconnaît sans se juger, alors ils ont trouvé leur juste place.
Merci de me l’avoir partagé 🤍. Merci d’être toi. Merci d’être là, au monde, comme une flamme réconfortante, celle que je devine derrière la brume les jours trop gris.
Merci ❤️.

Réponse de Vicky

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