Traverser l’enfer et être encore debout
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L'Enfer, c'est chacun le sien...
L’enfer n’est pas un concept universel.
Il n’a pas une seule forme, ni un visage reconnaissable entre mille. Il ne se manifeste pas toujours par le fracas, les cris, les pleurs ou le chaos.
Parfois, il est discret. Silencieux. Presque ordinaire.
Pour un peu, si on n'y prêtait pas attention, on ne le remarquerait même pas chez ceux qui nous sont pourtant si precieux.
Enfin, surtout, il y a une chose que j'ai apprise : l’enfer, c’est chacun le sien.
Il peut se glisser dans un quotidien qui continue malgré tout.
Dans un corps qui fonctionne, mais qui fatigue.
Dans un esprit qui lutte sans relâche pour rester à flot.
Dans ces matins où se lever demande déjà plus d’énergie que l'on n’en possède.
Dans ces sourires que l’on porte pour ne pas inquiéter, pour ne pas expliquer, pour ne pas avoir à justifier ce poids invisible.
L’enfer intime ne ressemble pas toujours à une tragédie spectaculaire.
Il est souvent fait de petites choses accumulées, de renoncements silencieux, d’usure lente.
Il peut être un deuil que l’on n’a pas eu le temps ou le droit de pleurer. Une colère intériorisée. Une peur constante. Un sentiment d’être à côté de sa propre vie. Un manque que l’on ne sait plus combler.
Et bien souvent, personne ne le voit.
Ce que l’on voit, en revanche, c’est la façade. La personne qui continue. Qui travaille, qui répond, qui s’adapte, qui sourit.
On ne voit pas les batailles menées à l’intérieur, celles qui n’ont pas de mots, pas de témoins, pas de médailles.
On ne voit pas les nuits agitées, les pensées qui tournent en boucle, l’effort immense qu’il faut parfois pour simplement tenir.
Survivre ne ressemble pas souvent à une victoire éclatante.
Il n’y a pas toujours de lumière aveuglante au bout du tunnel, ni de révélation salvatrice.
Parfois, survivre, c’est juste durer. C’est continuer sans savoir exactement pourquoi. C’est ne pas disparaître.
Et cela suffit.
Être encore debout ne signifie pas aller bien.
Cela ne veut pas dire être guéri, apaisé, aligné.
Être encore debout, c’est avoir traversé.
C’est avoir encaissé, parfois à mains nues, parfois sans comprendre ce qui arrivait.
C’est porter des fissures, des cicatrices, des zones sensibles, et avancer malgré tout.
Il n’y a rien à glorifier dans la souffrance. Rien à prouver. Rien à sublimer à tout prix.
Mais il y a quelque chose à reconnaître : la force silencieuse de celles et ceux qui sont encore là.
Cabossés, fatigués, parfois à bout, mais présents.
Vivants. Debout, même de travers.
Alors si tu lis ces lignes et que quelque chose résonne, sache ceci : tu n’as rien à démontrer.
Tu n’as pas besoin d’aller mieux pour être légitime.
Le simple fait d’être encore là, après avoir traversé ton propre enfer, est déjà une forme de courage que peu de mots savent honorer.
Parfois, cela commence juste par cela : continuer à respirer.
Et c’est déjà immense.
Alors, à toi, à eux, à nous, les éveillés de l'ombre qui tiennent encore debout 🍻🖤.
Vicky, funambule entre l’ombre et la lumière